L'equation hollywoodienne
Voici le calcul que fait chaque studio avant de lancer un film en 2024 : est-ce une IP connue ? Y a-t-il une base de fans existante ? Peut-on le decliner en franchise ? Les quatre quadrants sont-ils coches ? Si la reponse a une seule de ces questions est non, le projet est mort.
Ce n'est pas une theorie du complot. C'est un modele economique.
Pourquoi tout se ressemble
Le Marvel Cinematic Universe a prouve quelque chose aux studios : la familiarite bat la nouveaute au box-office. Chaque fois. Le public -- ou plutot le marche mondial -- prefere le confort du deja-vu a la surprise de l'inconnu.
Mais est-ce vraiment le public qui choisit ? Ou est-ce qu'on ne lui propose que du confort ? Quand les seuls films qui recoivent un budget marketing de 200 millions sont des suites et des remakes, le "choix du public" est un mythe.
L'exception qui confirme la regle
"Mais Oppenheimer !" "Mais Everything Everywhere All at Once !" Oui. Ces films existent. Et chacun est cite en boucle justement parce qu'il est exceptionnel. Dans une industrie saine, ils seraient normaux. Dans l'Hollywood actuel, ils sont des anomalies statistiques.
Pour chaque Oppenheimer qui marche, il y a cinquante projets originaux qui ne verront jamais le jour parce qu'un algorithme de prediction a decide qu'ils etaient "trop risques."
Le streaming n'a rien arrange
Netflix devait etre la liberation. L'espace ou les createurs pouvaient prendre des risques. En realite, les algorithmes de recommandation favorisent les formules eprouvees. Le "Netflix Original" est devenu un format aussi rigide que le blockbuster de studio : meme duree, meme structure narrative, meme palette de couleurs.
La plateformisation de la culture n'a pas democratise la creation. Elle l'a standardisee.
Ce qui merite votre attention
Les vrais films de l'annee ne sont pas dans votre algorithme. Ils sont dans les festivals de cinema que vous ne regardez pas, sur les plateformes de VOD que vous ne connaissez pas, et dans les cinematheques que les villes ferment les unes apres les autres.
L'art n'a pas disparu. Il a ete enfoui sous une montagne de "contenu." Et la difference entre l'art et le contenu, c'est que l'art vous change. Le contenu vous occupe.
