L'inflation n'est pas une catastrophe naturelle
On vous la presente comme un phenomene quasi meteorologique : l'inflation "arrive", elle "frappe", elle "persiste". Comme si elle tombait du ciel. Cette depolitisation du debat economique est exactement ce qui arrange ceux qui en profitent.
Qui gagne, qui perd
Les gagnants de l'inflation, on ne les nomme jamais dans les JT. Ce sont les detenteurs de dettes a taux fixe -- autrement dit, les grandes entreprises et les Etats. L'inflation erode la valeur reelle de leurs dettes. Magique.
Les perdants ? Vous les connaissez. Les salaries dont les revenus suivent l'inflation avec 18 mois de retard. Les retraites dont les pensions sont indexees sur des formules opaques. Les locataires face a des proprietaires qui, eux, indexent les loyers en temps reel.
Le double discours des banques centrales
La BCE et la Fed pretendent "lutter contre l'inflation" tout en ayant passe 15 ans a injecter des milliards dans les marches via le quantitative easing. L'argent gratuit a gonfle les prix des actifs -- immobilier, actions, obligations -- creant une bulle de richesse pour les 10% les plus riches.
Quand l'inflation arrive enfin dans l'economie reelle, soudainement c'est un "probleme" qu'il faut "combattre." En augmentant les taux, bien sur, ce qui ralentit l'economie et frappe d'abord les plus vulnerables.
Le tabou de la politique monetaire
Il y a une verite que les economistes mainstream refusent d'admettre : la politique monetaire est de la politique. Pas de la technique. Chaque decision de taux d'interet est un choix redistributif. Baisser les taux enrichit les proprietaires d'actifs. Les monter appauvrit les emprunteurs.
Presenter ces decisions comme "techniques" et "independantes" est le plus grand tour de passe-passe de la finance moderne.
La solution que personne ne propose
Ce qu'il faudrait, c'est un debat democratique sur la politique monetaire. Pas la deleguer a des technocrates "independants" qui viennent tous du meme milieu et retournent tous dans les memes banques. L'independance des banques centrales est un mythe -- c'est une independance vis-a-vis du peuple, pas vis-a-vis des marches.
