Il fallait que cela arrive. Trois Palestiniens morts sous les missiles iraniens en Cisjordanie, selon le New York Times. Première fois depuis le début de cette guerre que des Palestiniens périssent dans cette région — et c'est leur "grand frère" iranien qui appuie sur la gâchette. L'ironie serait savoureuse si elle n'était pas tragique.
Voilà donc où nous mène la géopolitique du "soutien inconditionnel" : l'Iran, champion autoproclamé de la résistance palestinienne, tue des Palestiniens pour frapper Israël. Trois vies sacrifiées sur l'autel d'une stratégie régionale qui n'a jamais eu grand-chose à voir avec le sort réel des populations civiles.
La solidarité qui tue
Depuis des décennies, Téhéran se drape dans le drapeau palestinien pour justifier ses ambitions hégémoniques au Moyen-Orient. Les ayatollahs financent le Hamas, arment le Hezbollah, et proclament leur solidarité avec les opprimés de Palestine. Mais quand il s'agit de frapper l'ennemi israélien, peu importe qui se trouve sur la trajectoire des missiles. Les Palestiniens ? Des dommages collatéraux acceptables dans la grande stratégie de l'axe de la résistance.
Cette logique n'est pas nouvelle. Elle traverse toute l'histoire des "libérateurs" qui sacrifient ceux qu'ils prétendent sauver. L'URSS soutenait les mouvements de libération africains tout en vendant des armes aux deux camps. Les États-Unis défendent la démocratie en bombardant des civils. Et l'Iran libère la Palestine en tuant des Palestiniens.
L'instrumentalisation révélée
Ce qui s'est passé aujourd'hui en Cisjordanie met à nu une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : la cause palestinienne est devenue un prétexte commode pour tous les acteurs régionaux qui veulent régler leurs comptes avec Israël. Téhéran ne se bat pas pour un État palestinien viable — il se bat pour affaiblir l'influence américaine et israélienne dans la région.
Les trois morts de ce jeudi le prouvent cruellement. Si l'Iran se souciait vraiment du sort des Palestiniens, ses missiles auraient-ils visé des zones civiles ? Ses stratèges auraient-ils calculé que quelques morts palestiniens étaient un prix acceptable pour leur démonstration de force ?
Le piège de la victimisation
Mais il y a plus grave encore. Cette attaque révèle comment la rhétorique de la victimisation peut devenir un piège mortel. En se présentant comme les éternels opprimés, les Palestiniens ont attiré des "soutiens" qui les instrumentalisent pour leurs propres agendas. L'Iran n'est pas le seul : combien de régimes autoritaires se sont réclamés de la justice palestinienne pour détourner l'attention de leurs propres crimes ?
Le résultat ? Une cause juste polluée par des alliances toxiques. Comment construire un État palestinien viable quand vos principaux soutiens sont des théocraties qui méprisent la démocratie ? Comment négocier la paix quand vos "alliés" ont intérêt à perpétuer le conflit ?
L'Europe complice par omission
Et pendant ce temps, l'Europe continue de financer l'Autorité palestinienne sans jamais questionner ces alliances mortifères. Nos diplomates dénoncent les "violations du droit international" israéliennes — à juste titre — mais ferment les yeux sur les missiles iraniens qui tuent les mêmes civils qu'ils prétendent protéger.
Cette hypocrisie n'aide personne, surtout pas les Palestiniens. En refusant de condamner clairement tous ceux qui les instrumentalisent, l'Occident devient complice d'un système qui perpétue leur souffrance.
Sortir du piège
Il est temps que les Palestiniens — et leurs vrais amis — comprennent une vérité dérangeante : certains soutiens coûtent plus cher qu'ils ne rapportent. L'alliance avec l'Iran a peut-être apporté des armes et de l'argent, mais elle a aussi discrédité la cause palestinienne aux yeux de nombreux pays arabes qui se rapprochent d'Israël.
Les trois morts de ce jeudi ne sont pas des martyrs de la résistance. Ils sont les victimes d'un cynisme géopolitique qui sacrifie les peuples sur l'autel des ambitions nationales. Leur sang devrait rappeler à tous — Palestiniens, Iraniens, Israéliens, Européens — qu'aucune cause, aussi juste soit-elle, ne justifie de tuer ceux qu'on prétend défendre.
La vraie solidarité avec les Palestiniens commence par le refus de ces alliances empoisonnées. Elle exige de dire non aux "libérateurs" qui tuent au nom de la liberté. Trois vies de trop pour une leçon que nous aurions dû apprendre depuis longtemps.
